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Une publication en ligne d’un ex-salarié peut valablement justifier un rejet de CIR

Faute d’éléments probants contraires, la CAA de Paris admet qu’une information générale publiée en ligne contribue à caractériser les fonctions réellement exercées par un salarié déclaré au CIR et rappelle plus largement le besoin d’une démonstration précise, individualisée traçable et cohérente de ces fonctions.

Rappel des principes

Sont éligibles au CIR les dépenses des personnels afférentes aux chercheurs et techniciens de recherche directement et exclusivement affectés aux opérations de R&D (CGI, art. 244 quater B, II b).

Cette qualification ne s’apprécie pas au seul regard des diplômes détenus. Ainsi, « peuvent être qualifiés de techniciens de recherche les salariés qui réalisent des opérations nécessaires aux travaux de recherche ou de développement expérimental éligibles au crédit d’impôt recherche, sous la conduite d’un ou plusieurs chercheurs qui les supervisent, sans qu’y fasse obstacle la circonstance qu’ils ne disposeraient pas d’un diplôme ou d’une qualification professionnelle dans le domaine scientifique ». (cf CE, 24 janv. 2021, Sté Nurun)

Il convient de démontrer concrètement les fonctions réellement exercés et les travaux réalisés par les salariés dont les rémunérations sont intégrées dans l’assiette du CIR.

L’histoire

L’administration refusait la prise en compte des dépenses afférentes à 4 salariés de la société Scality dont elle estimait qu’ils n’effectuaient pas d’activité de recherche.

La Cour confirme l’analyse de l’administration et juge que la société ne démontre pas la réalité de l’affectation de ces personnels aux opérations de R&D. L’arrêt détaille les insuffisances probatoires relevées :

L’administration fiscale avait également rejeté l’éligibilité d’un salarié rattaché à l’équipe « Release Engineering-IT » en se prévalant de la publication sur Internet d’un ancien salarié selon laquelle le rôle principal de cette équipe était « d’optimiser la capacité des équipes à livrer un produit de qualité à un rythme aussi rapide et régulier que possible ». Faute d’éléments probants produits par la société pour contredire cette description, la Cour retient cette source comme un élément d’appréciation des fonctions effectivement exercées.

La documentation CIR ne suffit plus : le temps de la preuve

Afin de sécuriser le montant du CIR déclaré, il est recommandé de :

Au-delà du cas d’espèce, cette décision rappelle qu’en matière de CIR, est appliqué un régime  de preuve objective. En d’autres termes le juge apprécie durant l’instruction, et au vu des éléments qui lui sont soumis, si l’entreprise peut bénéficier ou non du CIR.

La solidité d’un dossier CIR ne repose pas uniquement sur la qualité scientifique des travaux de recherche réalisés, mais également sur la capacité de l’entreprise à démontrer précisément la nature des travaux réalisés et le rattachement aux dépenses déclarées. Il faut donc être en mesure d’établir précisément le rôle des salariés concernés et leur contribution directe aux travaux éligibles. Enfin, cette démonstration doit s’appuyer sur une documentation contemporaine, individualisée et cohérente avec l’ensemble des informations disponibles, y compris celles issues de sources externes.

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