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Point d’actualité sur les conventions fiscales : focus sur les développements récents avec l’Inde, l’Ouganda et Chypre

Inde – Avenant à la convention : Analyse des mesures les plus significatives

La France et l’Inde ont signé, le 18 février 2026, un avenant d’importance à la convention franco-indienne.

Rappelons à titre liminaire que la convention franco-indienne (29 septembre 1992) est couverte par le MLI.

L’avenant à la convention vient toutefois expressément inclure dans son texte certaines dispositions du MLI. Il apporte par ailleurs des aménagements plus substantiels à la convention fiscale (notamment s’agissant des dispositions relatives aux dividendes, intérêts, redevances et rémunérations pour services techniques) et la modernise. Il supprime également la clause de la nation la plus favorisée. Précisons toutefois que la mise en œuvre de cette dernière était, en tout état de cause, contestée tant par l’administration fiscale, que par certaines juridictions indiennes.

Dispositions tirées du MLI

L’avenant vient modifier le préambule de la convention, en ligne avec les dispositions du MLI, pour préciser que les Etats signataires entendent conclure une convention pour l’élimination de la double imposition, sans créer de possibilités de non-imposition ou d’imposition réduite par l’évasion ou la fraude fiscale.

Il intègre également à la convention la clause générale anti-abus du « Principal Purpose Test » (art. 7 du MLI), qui y est reprise à l’identique (art. 29 A).

L’avenant inclut, à l’article 5 de la convention, relatif à l’établissement stable, la notion d’agent dépendant, susceptible de conduire à la caractérisation d’un établissement stable (personne qui conclut habituellement des contrats, ou joue habituellement le rôle principal menant à la conclusion de contrats, qui de façon routinière, sont conclus sans modification importante par l’entreprise étrangère). Il comporte également la clause visant à éviter artificiellement le statut d’établissement stable par des accords de commissionnaires.

L’avenant inclut dans l’article 10 de la convention, relatif aux entreprises associées, l’ajustement prévu par le MLI dans l’hypothèse où un État contractant inclut dans les bénéfices d’une entreprise résidente, des bénéfices sur lesquels une entreprise de l’autre État contractant a déjà été imposée (art. 17 du MLI).

L’avenant inclut dans l’article 14 de la convention, relatif aux gains en capital, des dispositions spécifiques aux gains en capital tirés de l’aliénation d’actions, de droits ou de participations dans des entités tirant leur valeur principalement de biens immobiliers (art. 9 du MLI).

Enfin, s’agissant des dividendes, l’avenant instaure une période de détention minimale et ininterrompue de 365 jours (cf. art. 8 du MLI), qui, couplée à une détention minimale directe de 10 % de la société distributrice, permettra de bénéficier d’une retenue à la source au taux réduit de 5 % (convention, art. 11). Précisons que l’Inde avait préalablement émis une réserve sur l’application de cette disposition.

Points d’attention

Entrée en vigueur

Avant de pouvoir entrer en vigueur, cet avenant devra être soumis à approbation parlementaire et ratification par la France et l’Inde, lesquels devront ensuite mutuellement se notifier l’accomplissement de ces procédures.

L’avenant entrera en vigueur à la date de réception de la dernière de ces notifications, et ses dispositions s’appliqueront :

En France :

En Inde :

Ouganda – Etat des négociations en vue de la conclusion d’une convention

La France et l’Ouganda ne sont pas, à ce jour, liés par une convention fiscale. Un premier cycle de négociations a été engagé en juin 2025 à Kampala, la capitale ougandaise. Le second cycle s’est ouvert à Paris à compter du 18 février 2026.

On relèvera que l’Ouganda a déjà conclu plusieurs conventions fiscales, notamment avec le Danemark, l’Inde, l’Italie, l’Île Maurice, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Afrique du Sud.

Chypre – Processus de ratification de la nouvelle convention

La France et Chypre ont signé, le 11 décembre 2023, une nouvelle convention fiscale destinée à se substituer à la convention du 18 décembre 1981 actuellement en vigueur. Cette nouvelle convention est, dans les grandes lignes, conforme à la convention modèle OCDE, et très inspirée du texte du MLI.

Avant son entrée en vigueur, la convention doit toutefois être approuvée par les parlements respectifs et ratifiée par les deux États, qui devront ensuite se notifier mutuellement l’accomplissement de ces procédures. La convention entrera en vigueur le lendemain de la réception de la dernière de ces notifications et ses dispositions se substitueront à celles de la convention franco-chypriote de 1981.

Le projet de loi autorisant l’approbation de la convention a été adopté par le Sénat le 19 février 2026. La commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale a été saisie le 20 février, sans que la date d’examen du texte ne soit, à ce stade, connue.

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